Une absence douteuse - Kimberly Anderson

Mon blogue

Une absence douteuse

Une absence douteuse - Kimberly Anderson

J’avais l’habitude, lorsqu’il faisait chaud d’aller dans une piscine ouverte pas très loin de chez moi, après une journée de travail. Je retrouvais les mêmes têtes, d’année en année. Comme nous nous connaissions tous de vue, nous avions plus ou moins nos habitudes, et même nos coins préférés. Il arrivait même que certaines personnes daignent nous les garder avant notre arrivée. J’arrivais un jour, alors qu’il avait fait très chaud toute la journée. Une dame que je connaissais assez bien, était assise sur son transat, et avait tourné couleur rouge homard. Je lui disais de faire attention, car le soleil à certaines heures, n’était pas toujours un ami. Elle avait en plus de cela, beaucoup de taches sur la peau. Je lui conseillais aller voir un dermatologue avant de continuer à prendre des bains de soleil. Certains grains de beauté ne paraissaient pas être ce qu’ils étaient. Le lendemain, je lui demandais si elle avait pris rendez-vous. Elle me disait l’avoir fait, et qu’elle devait voir le médecin la semaine suivante. Je tenais absolument à garder ce lieu très harmonieux, et faire qu’en aucun cas, une quelconque tristesse puisse détruire cela.

Quelques jours plus tard, je ne trouvais plus la dame. Les jours qui suivirent, elle était absente. Je m’en voulais de n’avoir jamais avoir pris ses coordonnées.  J’aurais simplement voulu savoir si elle allait bien. Je demandais à tous les autres s’ils savaient quoi que ce soit, personne n’était en mesure de me donner une réponse adéquate. Le doute devenait une torture. J’avais vraiment besoin d’en savoir plus. J’allais à l’accueil de la piscine demander s’il était possible d’avoir ne serait-ce que son numéro de téléphone. J’essuyais plusieurs refus. Je demandais alors d’appeler cette dame juste pour savoir comment elle allait. Je n’arrivais plus à vivre avec cette absence spontanée qui ne me disait rien de bon. Le surlendemain, une des personnes de l’accueil me demandait d’approcher. La dame était tout simplement partie passer quelques jours de vacances chez sa sœur très loin de Montréal. Elle n’avait absolument rien et paraît-il, éclata de rire quand elle apprenait que j’avais eu une inquiétude très démonstrative en ce qui concerne son absence. Le simple fait que j’ai pu imaginer qu’il lui soit arrivé quoi que ce soit l’avait tout de même ému au point qu’elle disait qu’elle reviendrait bientôt juste pour me faire la bise. Je ne retournais plus jamais dans cette piscine.